Courrier à Madame Rachida Dati et sa réponseLettre à Mme Rachida Dati au sujet des "pôles anti-discrimination". Madame Rachida Dati Garde
des Sceaux Ministère de Montpezat de
Quercy, le 31 août 2007 Objet :
Proposition de rencontre Réf : cicns/RD/n°2 La
politique de lutte contre les dérives sectaires a conduit à créer un véritable
arsenal de moyens, tant en
termes de structures humaines que de formations et documentations, pour
sensibiliser les agents publics à ce prétendu danger (par exemple le Guide
de l'Agent Public face aux dérives sectaires). Une formation est ainsi
dispensée à l'Ecole Nationale de De
nombreuses personnes sont discréditées sur de simples rumeurs ; elles sont
accusées de dérives sectaires ou de faire partie de sectes. Même si
l'institution judiciaire sait maintenir un haut niveau d'indépendance, les
magistrats sont comme tout un chacun soumis à la pression sociale et médiatique
et n'y réagissent pas tous en prenant le même recul. Ceci d'autant plus que
l'information disponible dans l'Administration est résolument
"anti-sectes" tout en prônant la liberté de conscience et le
respect de la laïcité. L'évocation de ces valeurs constitutionnelles
ne parvient pas à occulter le manque de données factuelles, en
particulier juridiques, sur la prétendue ampleur du phénomène sectaire. Vous
avez prévu de créer dans chaque Parquet un pôle anti-discrimination. Nous
vous invitons à y inclure le thème si souvent négligé de la discrimination
"spirituelle", le terme "spirituel" étant choisi à
la place du terme "religieux" communément admis mais qui masque
l'ostracisme dont sont victimes les nouvelles démarches spirituelles. Nous
serions honorés de vous présenter plus en détail notre action lors d'une
rencontre. En
vous remerciant de l'attention que vous voudrez bien porter à ce courrier,
nous vous prions d'agréer, Madame Réponse du 21 décembre 2007 signée du chef de Cabinet : Madame le Porte Parole, Vous avez bien voulu faire part à Madame le Garde des Sceaux, qui m'a chargé de vous répondre, de vos réflexions concernant la politique de lutte contre les dérives sectaires et les risques de conséquences discriminatoires qu'une telle politique est susceptible d'entraîner. Concernant votre souhait de voir étendre la compétence des pôles anti-discrimination en y intégrant la notion de discrimination "spirituelle", je vous informe que la compétence des Parquets est subordonnée à la recherche et la poursuite d'une infraction prévue par le code pénal qui, en l'état, prévoit une liste limitative de discriminations. Il est à cet égard à souligner que les éventuelles actions judiciaires qui sont menées contre des "sectes" ne se fondent non pas sur les seules croyances ou inclinaisons spirituelles mais l'existence de faits pénalement répréhensibles. Vous évoquez également la sensibilisation des magistrats au traitement de cette question si particulière. Comme vous le savez, la formation des magistrats constitue effectivement l'un des nombreux chantiers qui mobilise actuellement la Chancellerie et la Ministre souhaite renforcer l'ouverture de l'institution judiciaire à la diversité de la société en modernisant et en adaptant leur cursus. C'est la raison pour laquelle elle a demandé au directeur de l'École Nationale de la Magistrature de mettre en place une formation spécifique sur le thème des discriminations. Je vous prie de croire, Madame le Porte Parole, à l'assurance de ma considération distinguée. |