Controverse franc-maçonnePar le CICNS (novembre 2010)
« Les loges du
Grand Orient de France (GODF) de la Région Paris 2 annoncent la
tenue, le 6 novembre 2010, d’un Colloque intitulé « Vivre ensemble »
à l’Espace Saint-Martin. » (Source)
Gérard
Contremoulin, en charge du dossier des « sectes » au Grand Orient de
France de septembre 2008 à septembre 2010 et actuellement membre du
Conseil de l’Ordre du GODF, lance un cri d’alarme sur une supposée
« sottise » que le GODF
serait « en train de
commettre », « sottise »
qui, comme l’indique François Koch sur son blog de l’Express,
« pourrait être interprétée
comme une « normalisation »
des rapports entre le GODF et l’Amorc. »
Catherine Picard, actuelle présidente de l’UNADFI et
sœur du Droit Humain, s’indigne à son tour de l’organisation d’un tel colloque au siège de l’AMORC, « reconnu comme mouvement sectaire par une commission d'enquête parlementaire à laquelle j'ai participé en 1997 et qui se pare de vertus maçonniques alors que rien dans ses objectifs et activités n'est en rapport avec les nôtres »
Le 29 octobre, « la Région Paris 2 du GODF a finalement décidé de déplacer le lieu de son colloque au Cercle
Militaire Saint-Augustin, un lieu particulièrement… républicain. Et
neutre. (…) Par ailleurs, (…) le Conseil de l’Ordre du GODF a décidé
à l’unanimité de confier de nouveau à Gérard Contremoulin le dossier
des dérives sectaires. » (Source)
Quelques
remarques s’imposent. Le journal l’Express, sous la plume de
François Koch, milite donc activement pour une certaine
franc-maçonnerie quand il affirme, avec une hypocrisie non déguisée :
« Le point de vue de
Catherine Picard mérite d’être sérieusement pris en
compte. Elle préside l’Union nationale des associations de défense de
la famille et des individus (Unadfi),
important et ancien mouvement de soutien aux victimes de dérives
sectaires. Catherine Picard est socialiste (elle fut députée de
l’Eure de 1997 à 2002) (…) aussi une sœur du Droit Humain. » Toute
personne souhaitant que le sujet des minorités spirituelles soit
traité de manière objective et équilibrée répondrait que Catherine
Picard est la dernière personne à consulter.
Janine
Tavernier, présidente de l’UNADFI de 1993 à 2001, constatait, dans un
article du journal Le Monde du 17 novembre 2006, que
« petit à petit, beaucoup de
franc-maçons sont entrés dans l’Unadfi, lui donnant une coloration
qu’elle n’avait pas à l’origine. » L’affiliation de son actuelle
présidente, Catherine Picard en est une des illustrations. Il est ainsi permis de douter de la neutralité de cet
organisme, en particulier au regard de l’attitude des principales
obédiences vis-à-vis des minorités spirituelles
(voir
l’article du CICNS sur le sujet).
Dans sa lettre
dénonçant la tenue du colloque du GODF au siège de l’AMORC, adressée
à Philippe Guglielmi, Catherine Picard annonce tenir à sa disposition
« les kilos de documents qui
ont permis à mon avocat de me défendre contre ce mouvement virulent à
l'égard des démocrates et des laïques. » Elle mentionne en
particulier son travail dans la deuxième commission d'enquête
parlementaire « les sectes et l'argent » qui devrait plutôt être
considérée comme un sujet de déshonneur pour les députés, tant le
travail effectué est contraire à toutes les règles démocratiques
normalement pratiquées dans un Etat de droit (voir notre article sur
la
valeur juridique des rapports
parlementaires). Catherine Picard « oublie » toutefois de
mentionner que, par
un arrêt du 3
avril 2007 qui cassait et annulait l’arrêt de la Cour
d’appel du 22 mars 2006, la Cour de Cassation a reconnu comme
diffamatoires les propos sur l'AMORC qu’elle avait tenus - aux côtés
d’Anne Fournier, chargée de mission à la MILS - dans un livre
intitulé : « Sectes, démocratie
et mondialisation » publié aux PUF en septembre 2002, alors
qu'elle était députée de l'Eure. Se pourrait-il que sa présente
virulence à l’égard de l’AMORC constitue un reste de réaction
négative face à un jugement mal accepté ?
Plusieurs
activistes antisectes, dont
Catherine Picard et
Jean-Pierre Brard, ont été
condamnés pour diffamation en relation avec leur travail sur la
question des sectes et il est choquant de constater qu’ils sont
considérés comme des références en la matière.
Force est de
reconnaître que nous sommes loin d’un débat dépassionné et consacré à
une meilleure connaissance du sujet, autant de la part des médias, de
l’UNADFI que des obédiences maçonniques. Dans ce climat peu propice à
une information rigoureuse et équilibrée, le CICNS réitère sa
proposition de projet pour la création d’un
Observatoire des minorités spirituelles,
indépendant et compétent. Lire également notre article général sur la Franc-Maçonnerie
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