Falun Gong

Le cas du Falun Gong est un exemple contemporain de ce que peut faire un appareil d'état décidé à éradiquer toutes les formes de la quête spirituelle. 

La Chine, avec laquelle certains activistes anti-sectes Français entretiennent de bonnes relations et collaborent sur la question des sectes, n'est pas un pays démocratique. Avec la répression au Tibet, elle a déjà fait connaître au monde ses méthodes. Elle affiche donc sans grand détour ses ambitions alors que les "anti-sectes" en France, par calcul, tentent encore de présenter leur croisade comme une oeuvre démocratique. Mais l'inspiration des deux combats est similaire.

Les extraits de l'historique de la répression du Falun Gong, ci-dessous, révèlent les grandes similitudes entre leurs arguments.

Une immolation de cinq personnes présentées comme membres du Falun Gong en Janvier 2001 a été diffusée en boucle par toutes les télévisions du monde, il y a quelques temps. Ce nouveau faux "suicide collectif" est clairement présenté par le Falun Gong comme une mise en scène du gouvernement chinois pour discréditer leur mouvement.

extraits du site : http://www.infofalungong.net/Historique/pages/Chapitre_III.html


Le 22 juillet 1999, l’annonce officielle de l’interdiction du Falungong était faite en ces termes :

 

" Le département des affaires civiles de la République Populaire de Chine déclare que la Société de Recherche sur le Falun Dafa et l’organisation Falun Gong sous son contrôle sont des organisations illégales et doivent être interdites. Il est en conséquent interdit à quiconque en toute circonstance de distribuer des livres, des cassettes audio/vidéo ou tout autre matériel de diffusion de Falun Dafa (Falun Gong). Il est interdit de se rassembler ou de manifester pour soutenir ou diffuser Falun Gong, comme les sit-ins et les appels. Il est interdit à quiconque d’organiser, de coordonner ou de diriger n’importe quelle activité anti-gouvernementale"

 

Dès le début de la répression, Li Hongzhi (fondateur de Falun Gong) a appelé les autorités chinoises à un dialogue pacifique, et précisé qu’en aucun cas le Falun Gong ne se voulait opposant au gouvernement chinois :

 

"Ni maintenant ni dans le futur nous ne nous opposerons au gouvernement. Les autres peuvent nous maltraiter, nous ne devons pas maltraiter autrui, nous ne devons pas considérer l’homme comme un ennemi."

 

Li Hongzhi, le 22 juillet 1999

 

Tout le long de ces deux années de persécutions extrêmement cruelles, ses élèves ont maintenu la même attitude bienveillante et pacifique, et pourtant résolue et courageuse, face à l’oppression. Sans se laisser intimider par les menaces, ils ont cherché à expliquer, à leur gouvernement et au reste du monde, leur innocence. Pour cette seule raison, des dizaines de milliers de personnes ont été envoyées en camp de travail et torturées

 

Pour une répression d’une telle ampleur, il fallait trouver des motifs, pour la justifier aussi bien aux yeux du peuple chinois que de l’opinion internationale. Oubliant le soutien autrefois accordé et les résultats positifs des enquêtes nationales sur le Falun gong en 1997 et 1998, les instigateurs de la répression ont articulé leur campagne sur deux mots : Xie Jiao, religion perverse, secte.

 

Pendant près de 6 mois, la propagande chinoise contre le Falun Gong a occupé près de 4 heures de programme par jour , dans un rabâchage proche du lavage de cerveau national : le Falungong a ainsi été accusé d’être responsable de la mort de 1400 personnes qui auraient refusé des soins médicaux, d’accumuler de l’argent, de conduire à des maladies mentales et à des comportements suicidaires… En Europe aussi, tous les médias, tous les ministères et tous les députés ont reçu des documents de propagande haineuse.

Les médias occidentaux, s'ils ont tous clairement su que la propagande chinoise fabriquait des accusations, n’ont cependant pas suffisamment remis en cause ces affirmations, acceptant même parfois l’idée de certaines comme raisonnable. Ken Roth, directeur de l’association Human Rights Watch a commenté cette tendance en ces termes :

 

« Le gouvernement chinois s’est déterminé à utiliser le terme secte. Pour classifier le Falungong au rang des pires organisations qu’on puisse imaginer ? Mais la classification ne marche pas vraiment. Parce que si vous regardez de près ce qu’est le Falun Gong, ce ne sont que des gens ordinaires. Ce n’est pas une secte … ce sont des gens qui veulent aller dehors pratiquer leurs exercices en groupe […], c’est un groupe de personnes ordinaires qui méritent de pouvoir se rassembler comme ils l’ont choisi – mais ceci en lui-même est si menaçant pour le gouvernement chinois qu’il recourt à cette insulte.
Je pense qu’une partie du problème c’est que la presse […] ne sait pas vraiment comment appeler le Falungong. Ce n’est pas une religion. Ce n’est pas vraiment seulement un exercice de groupe. On ne peut pas facilement le classer dans une catégorie. Et donc peut-être par paresse, de nombreux journalistes occidentaux ont simplement commencé à utiliser la terminologie utilisée par le gouvernement chinois. Qui est celle de secte. C’est un autre exemple – si vous répétez un mensonge suffisamment souvent, on finit pas le prendre pour la vérité. Et c’est ce qui est en train d’arriver. »

 

Pour les accusations elles-mêmes, comme « l’interdiction de prendre des médicaments », elles sont mensongères. Les thématiques qu’elles abordent ne font pas partie de l’enseignement du Falungong. Amnesty International dans son rapport de mars 2000, a commenté en ces termes :

"Les accusations portées par le gouvernement contre les disciples du Falungong vont de l’ « organisation de réunions illégales » à la « menace pour la stabilité politique ». Elles comprennent notamment « l’occupation de jardins publics par la force », l’organisation ou la participation à des réunions, des manifestations, parfois immobiles, « illégales », l’obstruction faite « aux activités religieuses normales », la publication et la diffusion « illégales » de livres, la « divulgation de secrets d’Etat », la « mise en danger de la santé d’autrui » ou le fait d’avoir « provoqué des décès » par le biais de la philosophie que prône le mouvement.
Cette dernière accusation en particulier a été largement utilisée par le gouvernement pour justifier sa répression contre le groupe. Selon des informations publiées par les autorités, le Falungong a « provoqué plus de 1400 morts », pour la plupart des personnes ayant succombé à des maladies après avoir, semble-t-il, refusé un traitement médical au nom de leurs croyances. Le climat de censure et de répression qui prévaut actuellement en Chine rend impossible la vérification de ces allégations par un observateur indépendant. Compte-tenu de la répression politique exercée par le gouvernement et de la vaste campagne de propagande contre le Falungong, l’impartialité des informations émanant des autorités est sujette à caution. En outre, de nombreuses questions fondamentales restent sans réponse. Ces informations ne démontrent notamment aucun lien direct entre les décès présumés et les dirigeants ou organisateurs du Falungong. Aux termes du droit international, la responsabilité pénale est déterminée au cas par cas, sur une base individuelle. Dans le cas des dirigeants ou organisateurs locaux du Falungong poursuivis pour avoir « provoqué des morts », le gouvernement n’a pas apporté d’éléments montrant un lien direct entre les décès présumés et les accusés. "

 

Les médias occidentaux, citant des officiels chinois parlant sous couvert d’anonymat, ont indiqué que l’éradication du Falun Gong était devenue le combat personnel du président Jiang Zemin, en désaccord avec une bonne partie de son bureau politique. Il est, avec Luo Gan, l’instigateur de toutes les mesures prises contre le Falun Gong, et le cerveau de la répression.

Ainsi, Jiang Zemin aurait déclaré : « Comment la théorie marxiste que nous possédons, le matérialisme et l’athéisme auxquels nous croyons, pourraient-ils ne pas mettre en échec ces trucs (sic) [moraux et spirituels] défendus par le Falun Gong? Si cela arrivait, ne serait-ce pas une grande farce? »

De même, une phrase est passée dans tous les centres de détention, postes de police, camps de travail en Chine, qui a valeur d’impunité pour les tortionnaires :

 

« Les cas de torture à mort de pratiquants du Falun Gong ne seront pas punis par la loi. Les cas de pratiquants torturés à mort seront enregistrés comme des suicides. Nul besoin est d’identifier le corps. Il faut incinérer la dépouille sur place. »

Le 20 décembre 1999, Amnesty International dresse une liste de 77 pratiquants de Falun Gong décédés en détention, dont 42 femmes. A cette date, Amnesty et d’autres sources estimaient à 450 le nombre de pratiquants du Falun Gong ayant été condamnés à des peines de prison, à plus de 600 ceux ayant été envoyés en hôpital psychiatrique, et à environ dix mille ceux ayant été placés en camp de rééducation par le travail. Le nombre de personnes torturées jusqu’à la mort a commencé à augmenter dramatiquement au début de 2001, et la tendance n’a fait que s’aggraver, faisant passer le chiffre des victimes à 327 en décembre 2001, et dépasser les 400 en mars 2002.

Ces chiffres ne sont que l’infime partie d’informations ayant pu filtrer hors de Chine, de même que les différents témoignages de torture ne sont qu’une infime partie de celles ayant réellement lieu en Chine. En Octobre 2001, un officiel chinois haut-placé indiquait anonymement que le nombre de pratiquants de Falun Gong décédés suite aux mauvais traitements dépassait en réalité les 1600.

 

Ci-dessous est un témoignage reçu par Internet d’une jeune victime de la répression. Chaque jour, le FDIC reçoit entre 2 et 5 documents de ce genre :

« Je suis une pratiquante de Falun Dafa de Luoyang, province de Henan. J’ai 33 ans. J’ai commencé à pratiquer le Falun Dafa en 1996. Dans l’après-midi du 13 mars 2001, le département de sécurité de l’usine de tracteurs de Luoyang m’a arrêtée alors que je distribuais du matériel de clarification de la vérité. Dans le bureau du département de sécurité, les gardes m’ont demandé mon nom et mon adresse. Je ne leur ai pas dit. J’ai ensuite été frappée sévèrement par Li Ming, le chef du département de sécurité. Les coups ont cassé l’os de l’annulaire de ma main gauche. Ma poitrine et ma taille étaient couvertes de bleu et de noir comme conséquence de blessures sous-cutanées. Il me frappait et me criait : « Tu mérites d’être battue à mort ! » Après un moment, il a été fatigué. Alors il m’a attachée à une chaise avec une corde, mon visage regardant en haut et mon corps plié en arrière. Ils m’ont gardé attachée comme ça pendant deux heures.
Cette nuit-là, ils m’ont gardée enfermée dans la réserve. A minuit, Li Ming et deux de ses amis dégénérés sont revenus à leur tâche après être sortis pour boire. Il a noté ma bonne apparence et tenté alors de me mettre en colère. Ils m’ont d’abord demandé d’écrire une déclaration disant que je renoncerai à la pratique. Je ne l’ai pas fait. Ils m’ont ensuite demandé d’insulter notre Maître ( Li Hongzhi, le fondateur du Falun Gong) J’ai refusé. Ils m’ont ensuite menacée : « Nous allons t’arracher une pièce de tes vêtements chaque fois que tu diras un ‘non’. » Je n’ai pas dit un mot. Ils m’ont alors arraché tous mes vêtements. Je luttais avec force et essayais de résister. Ils ont utilisé une bande de cuir pour me fouetter et ils ont cogné ma tête contre le mur jusqu’à ce que je perde connaissance. Quand j’ai repris connaissance, ils m’avaient déjà violée collectivement.
Le deuxième matin, j’ai été envoyée dans une classe secrète de lavage de cerveau à Luoyang. Les gardiens ici étaient tous d’anciens criminels. Ils ont divisé les pratiquants de Falun Gong en groupe de cinq et désigné un gardien pour chaque groupe. Celui qui était chargé de mon groupe était Wang Hong,. Il suivait la même stratégie insistant pour que j’écrive une déclaration de renoncement au Falun Gong et ensuite il me battait cruellement lorsque je refusais. Il disait : « Pour chaque jour que tu refuses d’écrire la déclaration, je continuerai à te battre un jour supplémentaire. » Je n’ai jamais cédé à la perversité.
Ensuite ils m’ont forcée à m’allonger sur une table. Ils ont utilisé des bandes de cuir pour attacher mes bras et mes jambes. D’abord, ils ont utilisé leurs ongles pour me pincer à l’intérieur des bras et des jambes. Ils ont ensuite utilisé des agrafes qu’ils ont agrafé sur mes mamelons et mon clitoris. Ils ont même pensé que ce n’était pas suffisant. Pour le plaisir, ils ont introduit un récepteur d'appel dans mon vagin et appelé ce numéro une douzaine de fois pour voir ma réaction. Ils ont ensuite arraché avec force l’appareil de mon vagin. Cela a causé des dégâts et des déchirures à mes parties intimes. Bien qu’ils m’aient torturée à un point où j’étais à peine en vie, les bêtes ne m’ont toujours pas laissée partir. Ils ont sondé mon vagin avec un bâton de police, un bâton électrique et une brosse à dent. Je suis entrée en état de choc plusieurs fois.Ils me versaient de l’eau froide dessus pour que je reste consciente. Finalement, ils ont bourré mon corps à travers mon vagin de pièces de mahjong (pièces d’un jeu chinois fait d’un matériau dur et de forme cubique) et m’ont pendue les pieds en haut pendant toute la nuit.
Ils ont continué à me torturer comme cela pendant six jours entiers et ensuite ma famille a trouvé où j’étais. Ma famille a emprunté une somme de 30 000 Yuan (environ 3 600 euros) de toutes les sources possibles et l' a envoyé à la classe de lavage de cerveau. Ils m’ont finalement relâchée, mais m’ont menacée : « Si tu fais savoir aux gens ce qui se passe ici, tu mourras d’une manière encore pire. »
Les blessures superficielles de mon corps ont seulement commencé à se guérir six mois après que j’ai été relâchée. Mais mes parties génitales externes saignent encore. J’avais peur des représailles de la part de ces personnes perverses, alors je n’ai dit à personne ce qui s’était passé, jusqu’à maintenant »
 

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