Rapport 2008 de la MIVILUDESCompte rendu de lecture du CICNS Introduction à notre commentaire
Le terrain médiatique était bien
préparé. Quelques jours avant la sortie du rapport de la MIVILUDES,
le 10 mai, dans le cadre de l’émission « Enquêtes exclusives », M6
diffuse un « reportage » sur le Reiki, le chamanisme et le satanisme.
Le 13 mai, L’Express titre en couverture « Scientologie, enquête sur
la secte qui fait peur ». Le 19 mai, comme chaque année, la MIVILUDES
remet, tambour battant, son rapport et ses déclarations tonitruantes
se répercutent en écho dans de nombreux médias :
« Il faut une nouvelle liste
des mouvements sectaires » (le Figaro),
« Quand des charlatans se font
passer pour des thérapeutes » (La Croix),
« Ces (nouvelles) sectes qui
nous menacent » (France Soir),
« Alerte en France sur
l'utilisation de "thérapies" par les sectes » (Le Monde),
« L'ombre des sectes plane sur
la santé mentale » (20 Minutes),
« Un tiers des
psychothérapeutes viennent des milieux sectaires » (Europe 1), et
tant d’autres… le Journal du Dimanche, Métro, L'Express,
Libération, France 3, BFM Radio...
Ad nauseam, ces
« informations » inondent le paysage médiatique français.
Les propos alarmistes et les chiffres les plus fantaisistes
étaient répétés à l’oreille des Français d’une manière
incantatoire et les journalistes complaisants participaient sans le
moindre recul ou la moindre demande de source ou de contradictoire à
cet émouvant état des lieux d’un pays en état de siège.
M. Georges Fenech, président de la
Mission, a effectué un marathon pour diffuser en boucle « la bonne
parole » de la MIVILUDES. Il est frappant de constater qu'il
annonce à la presse des chiffres qui ne sont pas publiés dans le
rapport de la MIVILUDES, comme les «
20 000 jeunes et adolescents
» touchés par le satanisme en France - le rapport
indique au contraire que ce phénomène est quasiment inexistant -, «
5000 enfants privés d'école par leurs
parents, adeptes de sectes » ou les 500 ou 600 groupes à
dérives sectaires, annoncés partout, à tel point qu'un journaliste, peu consciencieux, annonce que
le rapport en publie la liste, alors que le rapport, qui ne
comporte pas moins de 650 fois le mot « sectaire », non seulement ne
mentionne aucun chiffre mais ne mentionne non plus aucun de ces
fameux « mouvements sectaires », hormis la Scientologie et Amour et
Miséricorde.
Ainsi les affirmations de M. Fenech
n'ont pas été mises par écrit dans un document officiel, elles ne
sont véhiculées que par les médias.
Sur la dizaine d'émissions que nous
avons écoutées, pas un participant officiel ne s'est inquiété
qu'aucun représentant des groupes montrés du doigt ne soit présent
sur les plateaux. La plupart des participants ont convenu que le mot
« secte » n'était pas à l'ordre du jour et qu'il s'agissait plutôt de
parler de dérives sectaires, mais tous ont continué à utiliser le
terme au cours des débats en feignant d'ignorer l'impact produit par
la répétition de ce mot extrêmement chargé. Aucun des participants n'a,
évidemment, évoqué les dégâts de la politique antisectes sur les
milliers de personnes honnêtes et sincères néanmoins qualifiées
d’ « adeptes de sectes » sur toutes les ondes.
Nous avions rendu visite à M.
Jean-Michel Roulet en 2006 et la position de M. Fenech est à
l'évidence identique, comme le montre un paragraphe de notre
commentaire du rapport 2007 :
« Nous avons rencontré M. Roulet le
24 octobre 2006 et lui avons demandé s’il avait conscience des
discriminations subies par de nombreuses personnes honnêtes et
sincères qui sont visées directement ou indirectement par la
politique française de lutte contre les sectes. Sa réponse a été
qu’il n’était pas au courant mais néanmoins intéressé d’en entendre
parler. Suite à notre exposé (qui a été complété par la suite par
d’autres informations), nous avons pu constater que le président de
la MIVILUDES n’entendait pas notre propos et sa conclusion a été :
« N’y aurait-il qu’une seule
victime, l’action menée se justifie ! ».
Cette phrase exprime bien la
volonté de négliger les effets collatéraux importants d’une démarche,
pourvu qu’elle réponde à l’approche victimaire du moment.
Dans ce concert médiatique, seul le
journal La Croix sort un peu du lot, dans un article intitulé
« La MIVILUDES
engage un bras de fer avec le Ministère de l’Intérieur »,
quand il rappelle les propos de Mme Michèle Alliot-Marie : « Pour
preuve, ce courrier adressé le 15 mai par Michèle Alliot-Marie aux
préfets, préfets de police et directeurs de la police et de la
gendarmerie et ayant pour but le
« renforcement du
caractère opérationnel » de la lutte contre les dérives sectaires : «
Comme vous le rappelait ma circulaire du 23 janvier 2009, je vous
demande de privilégier, dans votre action, la logique visant à
rechercher et à qualifier juridiquement les faits pouvant être
réprimés, et non une logique de liste de mouvements susceptibles de
commettre des dérives sectaires. »
Le
Ministère estime par ailleurs que ce dispositif risque de
contrevenir à la Convention européenne des droits de l’homme,
notamment à l’article 9 qui protège la liberté de pensée, de
conscience et de religion.
Une autre circulaire du Ministère
de l'Intérieur du 25 février 2008 demandait aux préfets d’orienter
leur action dans la direction pointée par la circulaire du Premier
Ministre du 27 mai 2005 où était
« nettement indiqué la
nécessité de passer d’une référence de listes de mouvements
susceptibles de commettre des dérives sectaires à une logique visant
à rechercher et à qualifier juridiquement des faits qui peuvent être
réprimés. »
Il est étonnant que Georges Fenech, président de la
MIVILUDES dont la « mission
première est de « coordonner l’action de l’ensemble des pouvoirs
publics »[1] qui
proclame sur France 3 le « consensus total de la classe politique
française, droite et gauche » et déclare se
« féliciter de l’action de
Michèle Alliot-Marie »[2], soit si peu
enclin à appliquer ces directives du Ministère de l’Intérieur. Qu’en est-il, en effet, de ces
« faits pouvant être réprimés » ?
Le contenu
« La MIVILUDES annonce une nouvelle mobilisation des
pouvoirs publics, passés de « l’observation » à « l’action ».
La formation professionnelle
« Elles peuvent, notamment dans le domaine de la santé
ou de la psychologie, préconiser des techniques ou méthodes non
éprouvées ou non reconnues par des autorités compétentes. Le degré de
dangerosité augmente lorsqu’elles s’accompagnent de déstabilisation
mentale, d’exigences financières exorbitantes et d’atteintes à
l’intégrité physique. »
Pour justifier ces propos, la
MIVILUDES mentionne une enquête réalisée auprès des services
régionaux de contrôle « entre
la fin de l’année 2007 et le début de l’année 2008, pour mieux
identifier la réalité de ces formations et de leurs prestataires ».
Toutefois, aucun résultat de cette enquête n’est présenté, hormis un
pourcentage : « 90 % des régions déclarent avoir été confrontées à des dossiers
présentant un risque sérieux de charlatanisme et/ou de dérive
sectaire. » De combien de régions s’agit-il ? Comment ce « risque
sérieux » a-t-il été évalué ? Cette enquête a-t-elle présenté les
garanties qu’elle semble vouloir exiger des organismes de formation ?
Le caractère flou de l’information fournie ne permet pas de
l’apprécier, ni d’évaluer les résultats obtenus. Les termes
« de déstabilisation mentale,
d’exigences financières exorbitantes et d’atteintes à l’intégrité
physique », martelés depuis 1999, n’en sont pas moins purement
théoriques et sans fondement puisqu’étayés par aucune donnée
vérifiable.
Une étude approfondie des
témoignages des représentants des différents Ministères devant la
Commission d’enquête sur les sectes et les mineurs en 2006 nous a
confirmés dans notre méfiance des affirmations de la MIVILUDES.
Chacun est invité à utiliser son libre-arbitre et à
vérifier par lui-même.
Le lobbying de la « mouvance
sectaire »
Suit une description des actions du CICNS, dont une
procédure à destination de l’ONU,
citée de manière très factuelle, mais tendant à minimiser l’importance
et la valeur des actions conduites
par les associations luttant pour la liberté de conscience, en leur prêtant des intentions malveillantes et
des pratiques calomnieuses et irrespectueuses de la « vertueuse
» action de la France contre les sectes.
La MIVILUDES tente maladroitement d’amalgamer tout le
monde à la Scientologie.
« Cette pratique s’apparente à la
méthode dite de « propagande noire » qui est la marque d’un célèbre
mouvement sectaire et qui consiste à dénigrer par tous les moyens
ceux qui le combattent, à « dépopulariser
l’ennemi jusqu’au point de l’effacer totalement » comme le
recommandait son gourou fondateur. »
« On ne peut être qu’interpellé par
la violence de telles accusations. Pourtant, replacées dans le
contexte du lobbying de la mouvance sectaire, celles-ci revêtent une
autre dimension et sont riches d’enseignement sur la stratégie de
désinformation de ceux qui ont l’art de renverser les rôles en se
faisant passer pour les victimes d’atteintes aux droits de l’Homme
alors qu’ils n’ont de cesse de les bafouer »
La MIVILUDES ne répond pas aux arguments qui lui sont
soumis mais se borne à pointer du doigt les supposées mauvaises
intentions de ceux qui la critiquent.
M. Fenech a tout simplement
« oublié » de reproduire les termes de notre projet d'Observatoire, qui propose
la référence à de nombreuses autres spécialités et compétences pour
évaluer les différents sujets de controverses soulevés par la « lutte
contre les dérives sectaires ». Elle dénigre également les
chercheurs universitaires, leur préférant l’« objectivité » des
services de renseignement et
des apostats :
« Il s’agit de recommander une
objectivité et une neutralité qui feraient défaut à la MIVILUDES et
aux services de renseignement, et de s’en remettre à l’expertise
d’universitaires, spécialistes des religions, ceux-là même, dûment
référencés par la mouvance sectaire, qui n’ont de cesse de dénigrer
les acteurs de la vigilance et de la lutte contre les dérives
sectaires et de mettre en doute la fiabilité des témoignages des
ex-adeptes. Cette proposition est extrêmement
réductrice puisqu’elle assimile toute action de vigilance et de lutte
à des atteintes à la liberté religieuse, alors que l’essentiel des
préoccupations de l’État et des associations en la matière concerne,
aujourd’hui, des domaines comme ceux de la santé ou de la formation,
où il est souvent difficile de déceler la moindre part de
spiritualité. »
Il nous semble plutôt que la
vision de la MIVILUDES est très réductrice. Une spiritualité
« difficile à déceler » peut néanmoins être présente et la MIVILUDES
n’a pas la capacité à être juge en la matière. Il est vraiment
extraordinaire qu’elle se prétende en mesure de déceler la part de
spiritualité d'une activité humaine, alors qu'elle se déclare
régulièrement concernée ni par la spiritualité ni par la religion.
Comme le dit Georges Fenech, lors d’une émission sur
les sectes, en réponse à un sociologue des religions qui replaçait la
liberté de pensée et la liberté de religion dans leur contexte
historique français : « C'est très intéressant ce que vous dites
mais ça ne me concerne pas. Le sujet qui nous intéresse ce soir n'a
rien à voir avec les religions. »[6]
La lutte contre les « dérives
sectaires »
La deuxième partie du rapport
concerne la « lutte contre les dérives sectaires ». Il
présente une contribution du Ministère de l’Intérieur (gendarmerie
nationale), dont il est possible en effet de mesurer l’objectivité et
surtout l’objectif très
clair : interdire à quiconque de penser hors du
« consensus social », par
respect pour les libertés individuelles et l’ordre public :
« Le cadre particulier de l’emprise
mentale est caractéristique des dérives sectaires. L’action
répressive de l’État doit être mise en œuvre dès lors qu’un certain
nombre de
critères sont réunis :
– Une ou des personnes qui
commencent à s’attacher à des idées véhiculées, différentes des idées
habituellement partagées par le consensus social (…).»
Suit une présentation (promotion) des associations
antisectes françaises. Ces associations se trouvent
« malheureusement » confrontées à quelques obstacles gênants
qu'elles seront obligées de contourner, quitte à violer les libertés
individuelles, comment faire autrement ? Attendons-nous à quelque
nouvelle législation bientôt présentée devant au moins sept députés à
l'Assemblée nationale :
« S’il faut reconnaître que les
référents et les cellules mis en place aux échelons départementaux et
régionaux sont de nature à faciliter la circulation de l’information
sur les communautés implantées, toutefois l’échange méthodique
d’informations se heurte à des obstacles juridiques (secret
professionnel, collecte des renseignements et traitement automatisé
de données) qui demandent à être levés par le législateur pour que ce
dispositif devienne réellement efficient en terme de lutte contre les
dérives sectaires. »
Le cas de l'Angleterre est intéressant, puisque
INFORM est incontournable ; mais comme INFORM est en partie
financée par le gouvernement britannique et ne donne pas dans l’antisectarisme
primaire, le rapport insiste particulièrement sur les plaintes des
autres associations (antisectes) qui n'ont pas la même écoute et les
mêmes subventions !
« La situation de monopole
d’expertise d’INFORM au profit du Gouvernement et son financement sur
fonds publics entraînent de vives critiques des autres associations
qui ne perçoivent aucune aide financière de l’État et qui ont du mal
à survivre. (p.74) »
« La situation d’INFORM, tant au
regard du financement qu’elle reçoit de l’État que des prises de
position de sa présidente et de son analyse jugées « ambiguës » à
l’égard des « nouveaux mouvements religieux », place cette Charity
sous les feux croisés de la critique des autres associations qui
aimeraient pouvoir profiter des mêmes ressources. »
Un comble de la part de la MIVILUDES… financée par les
deniers publics. Eviter de gaspiller les deniers publics sur un « non
problème » pourrait être une bonne idée dans un contexte de crise
économique qui coûte à l'Etat des milliards. Par ailleurs, la
MIVILUDES travaille exclusivement avec des associations antisectes
déclarées d'utilité publique et financées par l'Etat et ne semble pas
s'inquiéter d'une approche partiale et vindicative.
Le dossier santé et les
psychothérapeutes
Beaucoup de discours
pseudo-historique et pseudo-philosophique dans cette section qui
insiste sur le lien entre « manipulation mentale et endoctrinement
sectaire ». Nous invitons le lecteur à consulter notre dossier «
Manipulation mentale », une notion qui se banalise malheureusement de plus
en plus, sans base scientifique, mais en utilisant l'effet répétitif
et l'angoisse associée à ces sujets.
« (…) en France, 5,2 % de la population générale a
suivi ou poursuit encore une psychothérapie, soit près de trois
millions de personnes. La psychanalyse occupe 30 % environ des
thérapies tandis que les thérapies non analytiques représentent au
total 70 % des traitements : 20 % de thérapies cognito-comportementales,
12 % de thérapies humanistes-existentielles, 12 % de thérapies
familiales ou de couple... et 26 % de thérapies mal définies par les
bénéficiaires – encore insuffisamment informés. »
« L’entourage d’une personne en psychothérapie étant
fortement concerné, l’étude évaluait l’impact de ce type de soins non
pas aux 3 millions d’usagers mais à une population d’au moins 8 à 10
millions. Quelques années après et compte tenu de la progression de
l’offre et de la demande dans ce domaine, il est raisonnable de
rapporter l’impact des pratiques psychothérapeutiques à environ 12
millions de personnes, ce qui est loin d’être négligeable sur une
communauté nationale qui aujourd’hui compte 64 millions d’individus.
Il existerait 38 méthodes
thérapeutiques « officielles » contre 60 pour les pratiques non
conventionnelles à visée thérapeutique (PNCAVT). Le rapport donne les
listes de ces méthodes.
« Certaines PNCAVT présentent des risques et des
caractères proches des dérives sectaires : fondement ésotérique ou
mystique, attachement aveugle au fondateur-promoteur de la méthode,
modes d’organisation en réseau, fonctionnement commercial par étapes
de plus en plus coûteuses pour l’usager, prosélytisme. Certes,
nombreuses sont les PNCAVT qui ne présentent pas de caractère
sectaire, comme par exemple les pratiques inspirées de la médecine
traditionnelle chinoise. »
Cette exception pour « la médecine
traditionnelle chinoise » fait suite au Protocole de coopération en
matière de médecine traditionnelle chinoise entre le gouvernement de
la République française et le gouvernement de la République populaire
de Chine, signé à Pékin le 1 mars 2007 par le Ministre de la santé à
l’époque, le Dr Douste-Blazy[7].
A propos des psychothérapeutes, il est important de
noter que les pourcentages mentionnés dans les quelques lignes qui
suivent, soit 70 % de psychothérapeutes « reconnus », d'une façon ou
d'une autre, et 30 % de psychothérapeutes « auto-déclarés » ont été
annoncés par Georges Fenech et repris par de nombreux médias pour
parler de 70 % de professionnels et 30 % de « charlatans », comme
s'il s'agissait de données « scientifiques » et incontestables
puisqu'émanant d'un organisme aussi officiel que la MIVILUDES, avec
toute l'autorité que ce statut lui confère.
« Trois
catégories de professionnels interviennent dans le domaine des
psychothérapies. Cette population, sur la base d’évaluations
convergentes, concerne environ 15 000 praticiens dont le nombre
progresse régulièrement. Cette population se répartit entre :
– 10 à 15 % titulaires d’un
doctorat en médecine notamment dans la spécialité psychiatrique.
– 25 % à 30 % psychologues formés
sur les bancs des facultés de sciences humaines et en possession de
masters en psychologie clinique.
– 15 à 20 % psychanalystes
bénéficiant d’un encadrement et d’une régulation par leurs pairs.
– 25 % à 30 % de professionnels se
déclarant psychothérapeutes, se réclamant de disciplines diverses et
avec des parcours de formation hétérogènes. »
A propos de l'Amendement Accoyer
pour réguler les psychothérapies, non encore appliqué :
« Ce texte constitue un immense espoir pour les
victimes, les familles, les associations de défense et les
professionnels qui constatent les dégâts de groupes ou d’individus de
la mouvance sectaire.
Malheureusement, en l’absence de texte d’application, ce dispositif
reste à ce jour lettre morte. »
Deux thérapies inquiètent
particulièrement la MIVILUDES : la première est la médecine
germanique. Le Dr. Hamer est à la « santé » ce que la Scientologie
est à la « religion » : un bouc émissaire pratique…,
et « la falsification de la mémoire « retrouvée » ou
la paille et la poutre, qui :
« (…) se caractérise par un détournement des méthodes
et pratiques psychothérapeutiques. Elle s’apparente souvent en
deuxième analyse à diverses mouvances dont celles du New Age. »
Le satanisme
Dans une émission du 26/04/09 sur
RTBF, première radio belge, le sociologue Nicolas Walzer[1][2]
remarque : « On ne peut pas
assainir un débat sur un sujet aussi polémique que le satanisme si on
ne part pas de bases saines, c'est-à-dire poser des questions tout à
fait évidentes, d'une part : qu'est-ce que le satanisme et, d'autre
part, de quelle jeunesse parle-t-on (…)
Il y a tout un fantasme, que
derrière le satanisme, il y aurait des pratiques sanguinaires, etc.,
mais sur le terrain, ce n’est absolument pas le cas. (…) Ces
satanistes ne sont pas un danger pour l’ordre public ».
Les SDIG
(qui ont hérité des dossiers « dérives sectaires » des Renseignements
Généraux), dans un long chapitre du rapport, reprennent
pour
l’essentiel la thèse du rapport 2007 de
Extraits
choisis :
Satanisme
et profanations :
Page 20 du rapport : « Le
nombre important des
profanations de sépultures recensé depuis plusieurs années et
la signature de leurs auteurs confirme par ailleurs que
Page 23-24 du rapport :
« En 2008, sur un
total de 266 sites touchés (cimetières, lieux de culte et
calvaires), 22 présentent
un caractère satanique avéré.
(…) Le caractère
exclusivement satanique des exactions doit être relativisé. »
Satanisme
et suicide collectif :
Certains
d’entre eux (les jeunes qui fréquentent Internet) peuvent alors être
tentés d’utiliser les blogs
et les forums de discussion non seulement pour partager leur
mal de vivre mais aussi pour
préparer ensemble un
suicide collectif. » Pour
« preuves » :
-« Ainsi
en septembre 2005, deux collégiennes de 13 et 14 ans se sont donné la
mort (…) s’étaient rapprochées du fait de leur attirance commune pour
l’univers gothique. » - « Le 31 mai 2008 (…) suicide (…) de deux jeunes gothiques de 16 ans. » en Belgique. Ce sont les deux
seuls faits, en plus des profanations,
portés au crédit supposé du satanisme par les SDIG.
La
conclusion de
Quelle que soient les dangers du Gothique, de
la musique Black
Metal ou du
satanisme, on ne peut que constater que
Nous invitons les lecteurs à consulter notre
condensé du
livre de Nicolas Walzer,
sociologue : « Satan Profane -
Portrait d'une jeunesse enténébrée », livre qui n'est d'ailleurs,
« curieusement », pas mentionné dans le rapport de
Activités administratives
Suit une longue liste des
contributions des organismes d’Etat à l’action contre les sectes
durant l’année 2008. Quelques passages notables :
Ministère de la santé et des sports :
« Je souhaite notamment
que les activités qui présentent une dérive sectaire en s'attaquant
plus particulièrement personnes psychologiquement fragile ainsi qu'à
celles qui souffrent de pathologies lourdes dans un contexte
particulier fassent l'objet d'une information large du public.
L'objectif est que chacun puisse ainsi percevoir la différence
majeure qui existe entre les promesses qui lui sont faites et la
réalité des faits. »
Mise en place, par un
arrêté du 3 février 2009[[8],
d’un Groupe d’appui technique, dont l’une des missions est
l’« aide au repérage et à la classification des PNCAVT dangereuses ou au
contraire prometteuses ».
« Ce groupe d'appuis
suivra aussi les travaux commandés à d'autres institutions, tels que
l'INSERM, qui a accepté de réaliser un travail d'évaluation
scientifique de certaines pratiques comme par exemple la
mésothérapie. »
Pour mener à bien cette
mission, il sera nécessaire d’inclure des observateurs neutres et
dépourvus d’intérêt financiers dans le marché de la santé et de
laisser s'exprimer les créateurs de ces méthodes. Nous suivrons donc
avec intérêt l’évolution de cette étude, et ses conclusions.
Le
commentaire de Georges Fenech sur France Soir au sujet de ce GAT ne
nous laisse rien présager de bon. Déjà, les pratiques
« prometteuses » deviennent des pratiques « non dangereuses »…
« C’était une vieille revendication. Enfin, ce groupe
d’appui technique a vu le jour. Il va commencer un travail de longue
haleine pour repérer et classer les pratiques non conventionnelles à
visée thérapeutique dangereuses ou non dangereuses, car il existe des
psychothérapies non conventionnelles qui ne sont pas forcément
nuisibles. Mais il faut savoir faire le tri entre ce qui relève de la
psychothérapie, installée et acceptable, dispensée par des gens de
bonne foi et compétents, et des méthodes charlatanesques dans
lesquelles s’engouffrent des organisations à caractère sectaire et un
grand nombre d’individus mal intentionnés.»
La MIVILUDES n’a pas perdu son goût
des chiffres et des concepts flous, malgré
les démentis des Ministères :
« Il faut rappeler que près de 60 000 enfants vivent
dans un contexte de type sectaire, situation susceptible d’être
préjudiciable à ces mêmes enfants. »
Ministère des affaires étrangères :
« (…) la Miviludes existe car les
victimes de dérives sectaires s’attendent à être soutenues et aidées
par les pouvoirs publics. »
Une autre interprétation serait que
les victimes de dérives sectaires existent parce que la MIVILUDES et
les pouvoirs publics leur promettent un soutien. Il n’y a jamais eu
autant de victimes que depuis qu’« on » s’occupe d’elles…
Ministère du travail, des relations
sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville
« Les mouvements sectaires peuvent
déjà être condamnés pour violation du droit du travail, par exemple
pour harcèlement moral, durée excessive du travail, absence de
rémunération, voire absence de contrat de travail (CGI de Paris, 10
juillet 1986, SCC ECOOVIE). Par ailleurs, en faisant travailler les
adeptes de manière faussement bénévole, les sectes encourent des
poursuites pour travail dissimulé, n'ayant fait l'objet d'aucune
déclaration sociale ou fiscale (TGI de Lure, 22 juin 2001,HERB). »
Délégation interministérielle à la
famille :
La MIVILUDES se plaint que :
« Des sites non officiels sont
cités avant celui de la MIVILUDES qui arrive en 13e position dans
Google ».
Une réforme statutaire de la MIVILUDES est à l’étude :
« Suite au contrôle réalisé par la
Cour des comptes sur les exercices 2003 à 2007 : remplacer le Comité
exécutif de pilotage actuel par un Conseil opérationnel plus
restreint, et le Conseil d’orientation actuel par un conseil
d’administration également plus restreint, sans changement sur le
fond ni sur le sens de la composition de ces deux organes. (…) »
« Création d’une cellule d’experts
opérationnels sur le terrain, à laquelle pourraient faire appel les
enquêteurs et magistrats saisis d’un dossier semblant présenter une
dimension d’emprise sectaire. »
« Ainsi, par exemple, les textes
issus de la
loi du 12 juin 2001 dite loi About-Picard, sont-ils
trop rarement mis en œuvre
y compris dans des dossiers où, du point de vue de la
Miviludes, ils auraient eu matière à s’appliquer. »
Conclusion du rapport
La conclusion du rapport
mentionne la visite de M. Fenech le 11 décembre 2008 à Chaussin, sur
le lieu de vie de la communauté « Amour et Miséricorde ».
« Quelle meilleure conclusion
donner à ce rapport annuel 2008 que la lettre adressée le 6 janvier
2009 au Président de la MIVILUDES, à la suite de son déplacement à
Dijon, par un proche de victimes sous emprise du mouvement « Amour et
Miséricorde »
M. Georges Fenech s'est targué, sur tous les médias,
d'être un homme de terrain. En réalité, il n'est pas un homme de
terrain mais un homme de coups médiatiques, comme le montrent ses
visites à
Tabitha's Place,
Les Béatitudes et
Amour et Misécorde, qui se terminent invariablement par un lynchage
médiatique en règle du groupe qui n'a aucun moyen à sa disposition
pour répondre.
Le rapport se termine ainsi sur cette « perle » :
« La MIVILUDES ne dispose d’aucun
pouvoir d’enquête. À réception de témoignages ou de plaintes, et
après un premier travail de regroupement et d’examen de leur
fiabilité apparente, elle les porte à la connaissance des autorités
compétentes. Il ne lui appartient pas d’établir la réalité des faits
qui lui sont dénoncés. »
…mais il lui appartient de les dénoncer, même si
leur fiabilité n’est qu’apparente !
Annexes
Loi du 14/11/08 sur la
protection des
témoins des commissions parlementaires
Circulaire de
février 2008 de Michèle Alliot-Marie aux préfets qui rappelle :
-
que l’arsenal juridique en place
est suffisant pour répondre à la lutte contre les dérives sectaire,
-
que la notion de secte est une
notion de fait et non de droit,
-
que l’appartenance relève de
l’opinion dont la liberté est un principe constitutionnel
Elle rappelle aussi les textes fondateurs :
-
art 10 de la
déclaration des DDH de 79,
-
art 1 de la constitution de
58,
-
art 9 de la Convention
Européenne des DH,
et précise que la lutte contre les dérives sectaires ne
doit pas stigmatiser les courants de pensée : rappel de l’art 1 de la
loi 1905 sur la liberté de conscience et de culte dans le
respect de l’ordre public.
Michèle Alliot-Marie met la notion d’ordre public au
centre de la lutte contre les dérives sectaires et demande que
chaque cas soit étudié de façon factuelle.
Elle liste ensuite toutes les mesures juridiques
existantes permettant la dissolution des associations qui ne
respectent pas les lois ou portent atteinte à l’ordre public.
Elle préconise l’abandon de toute référence à des
listes pour la recherche de dérives sectaires.
Elle demande que les préfets constituent des groupes de
travail inspiré par les GIR, qui devront sécuriser les actions menées
sur le plan juridique pour éviter que l’Etat ne soit débouté ou
condamné.
-
Circulaire du
23 janvier 2009 de Michèle Alliot-Marie aux préfets :
Elle rappelle que la vigilance contre les dérives
sectaires relève maintenant du champ de compétence du conseil
département de prévention de la délinquance, de lutte contre la
drogue, de lutte contre les dérives sectaires et d’aide aux victimes.
Conclusion du CICNS
Nous laissons le mot de la fin à
Nicolas Walzer, sociologue :
« Avec deux collègues, nous avions effectué un stage au
sein de MIVILUDES, pendant quatre mois, où nous nous étions vraiment
aperçus du manque de rigueur de la MIVILUDES, qui posait vraiment
problème et nous ne sommes pas les seuls à pointer ce problème. Tous
les sociologues des religions à l'heure actuelle s'élèvent un peu
contre les conclusions de la MIVILUDES, à tel point que Nathalie
Luca, une sociologue assez connue pour travailler sur les problèmes
de sectes, a démissionné de cette MIVILUDES, tout comme nous, parce
qu'on s'est rendu compte tout simplement d'un alarmisme, d'un manque
d'administration de la preuve, de conclusions absolument pas
scientifiques et beaucoup d'amalgames, surtout, des amalgames qui
sont malheureusement reproduits par la presse. »[9] Sans autre forme de procès…
[1]
Rapport MIVILUDES 2008, p. 5
[2]
BFM Radio, 19 mai 2009, 12h-15h
[4]
Docteur en
sociologie et chercheur au CEAQ (Paris V, Sorbonne), Nicolas
Walzer a publié plusieurs ouvrages sur les nouvelles
croyances de la jeunesse, notamment Anthropologie du metal
extrême (Camion Blanc, 2007).
[6]
Georges Fenech, France 3, Ce soir ou jamais, mardi 19 mai
2009
[7]
« Cet accord vise à développer
des liens dans les domaines de la recherche fondamentale,
clinique, de l’harmonisation réglementaire et du
développement industriel. »
http://www.ambafrance-cn.org/Visite-officielle-en-Chine-de-M-Philippe-Douste-Blazy-Ministre-des.html
[8] Arrêté
du 3 février 2009 portant création d'un groupe d'appui
technique sur les pratiques non conventionnelles à visée
thérapeutique
[9]
|